Tahri : «J'avais la rage»

Publié le par ZAKKARRI



Bouabdellah Tahri a décroché la médaille de bronze au 3 000m steeple mardi soir à Berlin. Souvent critiqué pour avoir échoué en finale, le voilà sous les lumières. Cette médaille, cette année, il la voulait.

 

 

Interview :

 

«Bouabdellah Tahri, vous avez décroché votre première grande médaille. Quel effet cela vous fait-il ?
Cette médaille, elle est pour moi. Pour ma famille, mes proches, mon entraîneur. Je me suis investi et je savais que j'étais attendu. Donc j'avais un peu la pression. Ce qui me fait très plaisir aussi, c'est que je confirme mon record d'Europe.

«Je ne me voyais pas quatrième»


Le métal obtenu vous satisfait-il ?
Oui. Mais aujourd'hui je visais l'or. J'en avais les capacités. De toutes façons, si j'étais parti en disant : «Je vise le bronze», je pense que je me serais planté.

Comment avez-vous géré votre course ?

Tout du long, je suis resté concentré sur le relâchement. Je savais que les Kényans allaient imposer un tempo d'enfer et qu'il allait y avoir de la fatigue. Et puis, il y avait quand même dix coureurs africains engagés dans cette finale. J'ai voulu partir devant pour défendre crânement mes chances. Je suis aussi resté concentré sur les obstacles. La dernière barrière, je la passe de la mauvaise jambe. Mais une course n'est pas finie tant qu'on n'a pas franchi la ligne d'arrivée.

Et comment s'est déroulé le dernier tour ?
En fait, pour resituer, dans l'avant-dernier tour, quand on se retrouve à quatre, je relâche un peu pour récupérer car je sais qu'il faudra tout donner par la suite. Puis Kemboi pousse une accélération au moment où je pensais souffler. Mais je savais que Koech ne pourrait pas supporter la cadence. Du reste, sur un écran géant, j'ai vu qu'il n'était pas bien. Alors j'ai serré les dents. Je n'ai plus réfléchi, j'avais la rage. Je suis heureux d'avoir décroché une médaille. Je ne me voyais pas quatrième. Quatrième ou quinzième, c'était pareil.

«Il faut persévérer dans la vie»

Pendant la course, avez-vous revu toutes les finales où vous aviez échoué de peu ? (*)
Non, je n'ai pas du tout pensé à ça. Je savais ce que je voulais faire. J'ai tenté ma chance comme je l'avais aux championnats d'Europe en salle (en mars dernier à Turin, Bouabdellah Tahri avait fini deuxième du 3 000m). Cette compétition, même si elle était mineure, m'a servi de déclic. Je me suis dit que je pouvais faire la même chose à Berlin.

Mais cette médaille survient après de nombreuses années de galère. Comment l'expliquez-vous ?
Je réponds qu'il faut persévérer dans la vie. On a tous un destin. Moi, je suis croyant. Cette médaille est un exemple de persévérance et de travail. Mais ce n'est pas un aboutissement. C'est une étape.» - O.P. à Berlin

(*) Avant sa médaille de bronze à Berlin, Bouabdellah Tahri avait fini 4e aux Europe 2002 et aux Mondiaux 2003, 5e aux Mondiaux 2001 et 2007 et aux Jeux 2008, 7e aux Jeux 2004, 8e aux Mondiaux 2005 et 12e aux Mondiaux 2001. Il a également obtenu une médaille de bronze aux championnats d'Europe 2006.

 

Source : L'équipe.fr

Publié dans DU NEWS EN ATHLE

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